Les morts insolites dans l'Histoire (Antiquité)

[Olive, 2012-09-14] histoire vraie mort insolite

 
Céramique venant d’une tombe athénienne
Musées d'État de Berlin

Une belle vie ouvre grand aux illustres les portes de l'Histoire. Une belle mort aussi. Découvrez l'inventaire des décès les plus singuliers de l'Antiquité.

Sous le manteau

Au VIIe siècle av. J.-C., le célèbre législateur athénien Dracon est mandaté pour mettre par écrit les lois de la cité. La réprobation du peuple face à la sévérité du nouveau corps juridique fut telle (d'où l'adjectif « draconien ») que Dracon dut s'exiler sur l'île d'Égine. L'accueil n'y fut pas plus chaleureux puisqu'il mourut enseveli par les manteaux que les citoyens lui jetèrent en signe de mécontentement. Selon une autre source il mourut à Athènes, sous l'amoncellement d'offrandes d'un peuple reconnaissant.

Lutte avec les loups

Au VIe siècle av. J.-C., le lutteur Milon de Crotone, l'un des plus célèbres athlètes de la Grèce antique était déjà dans un âge avancé, et avait renoncé aux exercices de son art, lorsque, traversant seul une forêt de l'Italie, il vit sur le bord de la route un chêne largement ouvert par le milieu. Désirant éprouver s'il lui restait encore quelque force il entreprit d'achever de le fendre, s'y coinça les mains et, incapable de se défendre, fut tué par des loups.

À bout de course

En 490 av. J.-C., le soldat Phidippidès est envoyé par son commandant Miltiade annoncer à Athènes la victoire contre les Perses. Il s'élance de la plage de Marathon où s'est déroulée la bataille, parcourt les 42 kilomètres qui le séparent de la cité grecque, clame « Nenikekamen ! » (nous sommes victorieux), et meurt, épuisé.

Tombée du ciel

En 456 avant J.-C. le dramaturge grec Eschyle, à qui l'on avait prédit qu'il mourrait écrasé par la chute d'une maison, vivait prudemment en rase campagne dans le sud de la Sicile. Il mourut la tête fracassée par la carapace d'une tortue, lâchée par un aigle qui avait confondu son crâne chauve avec une pierre.

Jour et nuit

En 285 av. J.-C. le poète grec Philetas de Cos, obnubilé par le paradoxe du menteur (« un homme déclare "Je mens". Si c'est vrai, c'est faux. Si c'est faux, c'est vrai. ») ne dormait plus la nuit. Il meurt d'insomnie.

Élixir de courte vie

En 210 av. J.-C. le premier empereur de Chine Qin Shi Huang, est toujours plus hanté par la mort. Il fait appel à un magicien qui lui prépare des pilules à base de cinabre, censées lui donner chacune six ans de vie. Le cinabre est un minéral composé de mercure; l'empereur meurt intoxiqué.

Mort de rire

En 206 av. J.-C. le philosophe stoïcien Chrysippe de Soles, croise à Athènes une vieille dame et son âne ivre. Ce dernier tente de lui manger ses figues. Il meurt emporté par un fou rire.

En pleine poire

Au premier siècle après J.-C., l'Empereur Claude (celui qui se prononça à Lyon pour l'entrée des Gaulois au Sénat) laisse son fils Claude junior jouer à lancer et rattraper des fruits avec sa bouche. Ce dernier meurt étouffé par une poire.

O.L.

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